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Mina May - Everything was beautiful and nothing hurt

Publié le 17 décembre 2011

De leurs différents périples vers l'ailleurs, les musiciens de Mina May ont conservé le goût du voyage. Après un an passé au Canada (concert avec SUUNS, notamment) puis un retour remarqué au MIDI festival 2010, ces bourlingueurs hors format revendiquent - et assument - des influences qui pourraient bien constituer la discothèque idéale du mélomane exigeant, de Nina Simone à Can en passant par Brenda Lee et Pink Floyd.

Mina May avance à l'instinct et fuit les étiquettes, ce qui lui vaut encore aujourd'hui d'être considéré comme une anomalie dans le paysage, un étrange(r) dans son propre pays. Pas par snobisme ou élitisme mais simplement par amour de la quête, loin des clichés. Influencé aussi bien par le mainstream le plus balisé que par les marges les moins banales, le groupe avance à l’aveugle, avec comme seule envie de se surprendre. Et aussi sûr que seule une connaissance aiguë du passé permet d’entrevoir le futur, il brasse, mélange, tord à l’occasion les musiques qui l’ont inspiré avec à chaque fois cet objectif : chercher dans les lieux les plus hétéroclites matière à nourrir leurs morceaux hybrides.

Faisant suite à un premier album éponyme et un EP ambitieux (Skylarking), Everything was beautiful and nothing hurt est une invitation au voyage en terrain inconnue, sur une carte où l’Europe se mêle à l’Afrique et à l’Amérique, où les polyrythmies viennent se superposer aux mélodies chamaniques de Neil Young ou des Stooges. Une démarche à cheval entre plusieurs continents, loin du cortex mais près des pieds et du rythme, avec des titres qui célèbrent avant tout le plaisir, le jeu et l’intuition. Do It Yourself par souci du contrôle, le quatuor ne revendique pas la perfection instrumentale et la technicité foudroyante, préférant à ces vertus le vice de la surprise, de l’accident, du mélange contre-nature.

Plus que l'addition de quatre musiciens, Mina May est l'un de ces groupes qui tentent de brouiller les pistes et gommer les individualités, le tout au profit d'un idéal sonique avec comme seule boussole l'envie de se perdre pour mieux se découvrir. Du point A au point B, la beauté du voyage vient du trajet, souvent psychédélique mais jamais approximatif. Un don indéniable pour les mélodies vient soutenir l’ouvrage et rappelle que, si voyage il y a, c’est avant tout en première classe.

 

Masterisé par François Fanelli au studio de mastering Sonics Mastering

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